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NICOLAS SCHÖFFER

de l'Institut 

LA THEORIE

DES MIROIRS 

 

PREFACE

Un livre est un rendez-vous avec soi-même, dont les résultats sont aussi offerts aux autres.

Je me suis donc rencontré une fois de plus et me suis trouvé encore différent et préoccupé par de nouveaux pro­blèmes, en partie engendrés par ceux que la précédente rencontre avait soulevés.

D'ailleurs, je ne cesse de me rencontrer, aux différents carrefours de ma vie.

Chaque rencontre se produit dans des situations et des conditions inédites, suscitant des échanges parfois pas­sionnants, parfois apaisants, dont le leitmotiv toujours sous-jacent est la finalité en général, et l'élargissement de mes horizons, c'est-à-dire la plus grande liberté de la pensée qui est “ finalement ” notre seule finalité possible.

C'est une finalité qui ne cesse de “ finir ” depuis que la pensée s'est déclenchée à partir du premier complexe humain utilisant consciemment sa combinatoire.

Dans cet itinéraire des idées surgies de toutes parts où je me fraie un chemin, j'essaie précisément d'en injecter d'autres - les miennes - dont la filiation est claire et indiscutable. Ainsi pourrai-je ajouter à ce déjà long parcours une microlongueur de plus, un pavé sur la route de la fourmilière humaine tissant son interminable linceul d'idées rempli d'informations déjà mortes, agoni­santes, ressuscités ou bien vivantes, jalon ponctuant sa perpétuelle marche vers ses destins incertains.

 

vendredi 04 janvier 2008 14:11 , dans Livre


LE PROJET


LE PROJET 

Au fur et à mesure que l'histoire se construit, nous construisons notre propre histoire.

L'homme apparaît - parmi les différents mammifères dont il se distingue par un certain nombre de caracté­ristiques marquantes - comme un animal capable de construire et de développer son destin à partir de projets prospectifs.

Il élabore ainsi sa propre histoire, ce qui ne veut pas dire que ses projets aboutissent, mais qu'ils déclenchent des processus plus ou moins complexes et antithétiques, dont le résultat est toujours une modification, aussi minime qu'elle soit, du système dans lequel il est impli­qué.

Cette activité constante - mécanique de base du mou­vement perpétuel de la fourmilière humaine - est régie par des rythmes contrastés dont la succession se déroule en cinq actes :

 

Projets - Construction - Déconstruction - Transfor­mation et Destruction

Le programme de la vie est une succession de projets, contreprojets, anticontreprojets.

 

Le projet

Enlever le projet de la vie, c'est enlever sa motivation fondamentale. Toute projection tendant à aboutir à une action est projet, y compris le non-projet qui est un pro­jet négatif, de même que la déconstruction est une construction négative, comme nous le verrons plus loin.

 

Comment le projet naît-il?

Obligatoirement à la suite d'autres projets qui l'ont précédé. Tout projet engendre un autre projet jusqu'à l'épuisement de la capacité combinatoire fondée sur un capital initial de paramètres dont les combinaisons sont de quantité et de qualité variées selon la valeur intégrée par des “ investisseurs-promoteurs ” et leurs efforts com­binés, s'ils sont plusieurs, ou selon la richesse combina­toire de l'initiateur individuel et le potentiel énergétique qu'il met au service de la poursuite du projet.


Le projet négatif

Le projet négatif n'est pas l'absence de projet, mais la projection d'un effort systématique d'opposition simul­tanée qui se déroule en face du projet positif, comme dans un miroir, sans obligatoirement l'annuler, bien qu'il inverse constamment son image et ses actions.

D'ailleurs, le projet négatif est toujours virtuel comme l'image du miroir qui ne se révèle réellement que lorsque les témoins sont devant le miroir, c'est-à-dire en face du révélateur. Dans ce dernier cas, l'observateur est déjà tellement impliqué qu'il peut même percevoir, au tra­vers de son image négative, ses propres projets négatifs... s'il est assez perspicace. Mais, qu'il les perçoive ou non, la dialectique virtuelle projet/projet négatif constitue la base oscillante des rythmes profonds, sur un éventail de longueurs d'onde extrêmement large, des scénarios déter­minant le déroulement ininterrompu de la vie. Ces suc­cessions lient intimement des phénomènes apparents ou voilés, diffus ou ponctuels, profonds ou superficiels, larges ou restreints, percutants ou insidieux.

L'essentiel est ce face à face virtuel, ou réel, dans lequel le reflet est peut-être plus important que son vis-à-vis apparemment concret.

 

lundi 07 janvier 2008 05:13 , dans Livre


LA LUMIERE ET L'OMBRE


LA LUMIERE ET L'OMBRE

            Partout où la lumière apparaît, il y a :

a.         Projection d'ombres. L'ombre est l'anamorphose de la silhouette de tout ce qui est opaque. En d'autres ter­mes, l'ombre est le compagnon anamorphosé de tout objet opaque dans la lumière. C'est la frange insépa­rable traînée par les objets et les êtres. C'est leur résumé succinct.


b.         Réflexion. Quand la lumière heurte une surface plane et brillante, cette surface la réfléchit mais elle capte aussi l'image inversée de l'environnement éclairé lui faisant face.

Cette image virtuelle est, pour ainsi dire révélée par le miroir, mais ceci n'exclut pas sa virtualité poten­tielle permanente. (De même que la frange anamor­phosée de notre ombre qui ne nous quitte jamais.) Sa révélation n'est qu'une apparition temporaire.

L'image miroir, révélée ou non, complète en perma­nence l'univers perçu superficiellement parce que uni­latéralement.

C'est une sorte de vision bancale, partiellement aveugle, qui domine nos perceptions. Même les miroirs révéla­teurs quand ils entrent en jeu ne provoquent que des percussions et incursions passagères dans notre champ psychologique.

Pour que cette révélation soit “ réellement révélée ”, il faut la charger de messages spécifiques permettant par­fois, grâce à des effets décuplés, de provoquer une prise de conscience véritable.

mercredi 09 janvier 2008 15:41 , dans Livre


AVANT


AVANT

Avant.

Mais que se passe-t-il avant la révélation?

Notre environnement  aussi changeant qu'il soit, contient toujours en puissance ses propres reflets, autre­ment dit ses propres images négatives, dans toute leur diversité.

Il est déterminé à la fois par :

1.   une certaine quantité de miroirs révélateurs;

2.   leur position respective;

3.   leur configuration;

4.   leur interaction.

L'image miroir peut être indépendante du miroir qui n'est qu'un capteur-révélateur dont les capacités sont plus ou moins limitées. Le monde négatif peut être plus complexe que le monde positif. Notre univers perçu n'est peut-être qu'un fragment d'une hyperréalité qui nous échappe pour le moment, sauf quand elle nous est très partiellement révélée par une de ses multiples facettes.

Dans ce dernier cas, nous pouvons alors déjà pénétrer dans ce monde apparemment hypothétique mais qui nous réserve des aventures autrement bouleversantes que celles provoquées par notre volonté aveugle de pénétrer l'uni­vers positif et perçu comme tel, univers qui, finalement, ne pourra jamais nous satisfaire, d'autant moins que cet univers doit être inséparable de son négatif, comme une photo dont le positif est conditionné par son négatif.

Nous pouvons même supposer que le négatif précède le positif et que c'est l'univers négatif qui - à travers nos révélateurs perceptifs - fait apparaître certains de ses aspects positifs.

Qui peut affirmer la véracité et l'unicité qui surgissent à travers les analyses de nos capteurs? Nos capteurs fonctionnent-ils seulement dans le sens d'une perception positive? Peut-être serait-il nécessaire d'interposer des capteurs-révélateurs pour percevoir les fragments néga­tifs de notre univers?

Pourquoi ne pas développer et prolonger nos connais­sances en inversant les processus de notre combinatoire pour accéder à la révélation de parcelles de plus en plus larges de l'univers négatif dont nous sommes aussi des parties intégrées ?

Tout ceci implique que les univers-miroirs, de leur côté, démultiplient l'univers positif engendré par eux, autant que le positif engendre le négatif. Ainsi se crée un sys­tème rétroactif complexe comprenant de vastes répertoires d'informations disponibles mais difficilement décodables.

mercredi 09 janvier 2008 15:55 , dans Livre


APRES


Après. Révélée ou non par des capteurs connus et incon­nus, l'existence virtuelle des messages spécifiques contenus dans ces répertoires reste imprimée au fin fond des mémoires constamment totalisatrices, sur les chaînes d'acide nucléique.

A nous de trouver des voies d'acces a ces mémoires, comme nous avons déjà trouvé, très modestement, celle du carbone 14.

Comment?

 

Les deux voies. Ici, les voies sont multiples, mais peu­vent se classer en internes et externes.

Il est certain que notre propre image révélée par un miroir nous est habituelle; nous la fixons, nous la mémo­risons . Comme telle, sa négativité est simple c'est notre inversion.

Inversion et négativité, ou la double inversion laté­rale et en profondeur.  La négativité inversée est essen­tielle, alors que l'inversion dimensionnelle est un “ plus” opérationnel. C'est-à-dire que les rapports de profondeur inversés s'ajoutant à l'inversion de base peuvent être considérés comme des négatifs inversés produisant des clichés inversés, tandis qu'un négatif non inversé n'est que générateur de positif non inversé comme dans la photographie. Ce dernier est, en réalité, le négatif d'un positif, tandis que le négatif pur est l'inversion aussi bien positive que négative, c'est-à-dire une inversion latérale, en interchangeant la directionnalité des surfaces, et une inversion tridimensionnelle avançant les profondeurs et reculant les avancées, inversant ainsi les rapports de pro­fondeurs et de proéminences.

Finalement, le véritable univers-miroir est un univers négatif doublement inversé. Désormais quand je parlerai des phénomènes miroirs ou des phénomènes négatifs, ceux-ci se référeront toujours à cette conception de la double inversion.


L'ombre. Partout où il y a de la lumière, il y a de l'ombre. Sans lumière, non seulement il n'y a pas d'ombre mais il n'y a pas de vie. La photosynthèse, base de la vie, est impérative; toutefois, autant de sources de lumières autant d'ombres.


Les deux prolongements. Nos deux prolongements, ombre et miroir, projection et réflexion provoquées par la lumière et révélées grâce à elle, nous plongent dans une autre réalité, partiellement perceptible.

Ces prolongements ne sont pas des prolongements simples.


Les révélateurs. Quand vous avez devant vous un miroir bien plan, il vous donne une image inversée simple; Si le miroir n'est pas plan, le prolongement est anamor­phosé.

Quand vous avez devant vous plusieurs miroirs, l'image se démultiplie et se complexifie.


De façon générale, nous sommes certainement en face d'une image miroir dont la complexité est considérable et dont une partie seulement nous est révélée quand nous avons devant nous des révélateurs simples ou relative­ment complexes. Mais au-delà de ceux-ci s'en trou­vent d'autres beaucoup plus complexes. Ces miroirs sont révélateurs, hypercomplexes, et anamorphosants. A la fois ils enregistrent, diversifient, prolongent, répercu­tent tout, constituant un univers de reflets, mais c'est peut-être nous et notre univers qui ne sommes que le reflet limité de celui-ci.

Il faudrait sans doute ici pénétrer et clarifier des situa­tions et des rapports.

Ce qui est certain, c'est que nous vivons dans une fan­tastique complexité, à la fois négative et positive, démulti­pliée, anamorphosée et doublement inversée, selon la position et la localisation de l'observateur.

Pour percevoir plus ou moins partiellement les facettes de ces mondes multiples, il nous faut des révélateurs. Parmi ces révélateurs purement physiques, les miroirs nous ouvrent certaines voies de la perception ainsi qu'une certaine compréhension.

Un prisme géant, formé d'un triangle équilatéral muni d'excroissances polyédriques variées, permet déjà, dans son espace intérieur, la révélation d'une véritable explo­sion diversifiée de phénomènes visuels, pour l'observa­teur situé en son centre.


Le carbone 14. Le carbone 14 a permis la première découverte d'une mémoire dont personne n'avait soup­çonné l'existence auparavant et qui garde fidèlement cer­taines informations sans que l'écoulement du temps puisse y porter préjudice. C'est une mémoire automa­tique et permanente.

mercredi 09 janvier 2008 16:00 , dans Livre


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